Compagnie du Zerep

LA COMPAGNIE DU ZEREP

Une journaliste de renom, à la tristesse un peu mondaine et experte en matière de théâtre, avait une fois refusé de donner son point de vue sur les pièces du Zerep sous prétexte qu’elle n’écrivait pas sur la performance. Son aveu de faiblesse — bien sûr, à moitié pardonné — soulevait un détail crucial : à savoir que ces spectacles ne cadraient pas complètement avec une « certaine idée » que l’on peut se faire du théâtre.

Le Zerep, dirigé par Sophie Perez depuis 1998, explore un théâtre délibérément affranchi de la moindre hiérarchie. Toutes sortes de strates culturelles, d’influences, d’emprunts, de simulacres, de manières d’être sur scène, de sources d’inspiration s’y chevauchent. Les acteurs, les objets, le texte ne constituent qu’un tout protéiforme.

Les pièces révèlent un caractère versatile plus ou moins orthodoxe, à la limite d’être dans les règles — bien que la plupart du temps «hors du jeu», et sont jalonnées de notions récurrentes : l’inquiétante singularité et le rire entré au chausse-pied ; l’absurdité de la profondeur ; les malentendus à propos de la facilité ; l’omniprésence de la peinture en tant que rapport à «la chose» ; la parole prise en étau entre le vrai et le faux ; la distinction entre la récupération, la reprise et l’adaptation ; le relativisme de l’importance ; les théorèmes de la négligence et les délicatesses du jusqu’au-boutisme ; l’héritage sous toutes ses formes ; le principe carnavalesque ; une certaine idée de l’envers du décor ; les stratagèmes de parcs à thèmes ; l’arme critique ; les querelles entre l’improvisation et le par-cœur ; les faux-pas de la fiction face au réel implacable.

Au cours de ce long feuilleton que sont les créations, on a nagé dans des piscines vidées, on a mis des masques, on a dansé comme des vieux, on a fait des gestes obscènes, on a parlé normalement ou dit du texte classique et des grossièretés, on s’est avachi, on a fait de la poterie, on a échangé sur l’art et les vacances, on a fait apparaitre des personnages historiques, on a joué des scènes plusieurs fois de suite, on s’est talqué les parties, on s’est mis sur nos 31, on s’est pris des valdringues en série, on a eu du mal à monter sur scène, on a déverser de la pâte Slime par centaines de kilos, on a fait n’importe quoi avec beaucoup de rigueur, on s’est épuisé au-delà du comique, on a joué de provocation et de pudeur, on s’est appliqué à faire des choses pas si drôles.

En dehors des pièces pour la scène, on a conçu des installations dans des musées et centres d’art, des performances, des soirées de réveillon dans des clubs, des programmations d’autres artistes, des chars de cavalcades, et même un train-fantôme qui effraya des personnalités politiques.

La Compagnie du Zerep est forte d’une collaboration de plus de vingt ans (ce qui est très rare) entre des gens réunis pour construire et continuer une oeuvre au vocabulaire inédit. Aux côtés de Sophie Perez, on retrouve Sophie Lenoir, Stéphane Roger, Marlène Saldana, Françoise Klein, Gilles-Gaston Dreyfus et Xavier Boussiron.

Le Zerep est un état d’esprit creusant un monde artistique où bordels populaires et raffinements avant-gardistes sont renvoyés dos-à-dos pour mieux en éprouver les mystères et les mystifications. Un monde artistique, toujours chevillé à la réalité, où le commentaire ne se substitue jamais ni à l’expérience ni à l’humanité.

La Compagnie du Zerep est un laboratoire de la distraction où l’on expérimente les utilités du corps et de la personnalité.

Et puis, il faut toujours bien regarder la figure d’une personne juste avant qu’elle n’enfile son masque.

Allez, welcome dans la gueule du loup.

Photo de l'équipe du Zerep

Équipe artistique :

Sophie Perez
Xavier Boussiron

Sophie Lenoir
Stéphane Roger
Marlène Saldana
Gilles Gaston-Dreyfus
Françoise Klein

Dan Mestanza
Corine Petitpierre
Marie-Pierre Brébant

Équipe technique :

Fabrice Combier
Félix Perdreau
Léo Garnier
Adrien Castillo
Gildas Roudaut

Équipe administrative et presse :

Julie Pagnier
Yannick Dufour – Agence de relation presse Myra

Photos : Philippe Lebruman, Laurent Friquet, Marc Dommage, BM Palazon, cie Zerep